Les Échos de l’AOcVF: Rencontre de formation provinciale des intervenantes

Voici Les Échos de l’AOcVF, édition de novembre 2017 sur la rencontre de formation provinciale des intervenantes tenue à Toronto les 28, 29 et 30 novembre 2017, organisée par l’Institut de formation en matière de violence faite aux femmes.

Echos Novembre 2017 – Rencontre provinciale des intervenantes

 

16 jours d’activisme: la société commence à prendre conscience de la violence faite aux femmes

OTTAWA – LE 23 NOVEMBRE 2017 – Le 25 novembre prochain marque le début des 16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes. C’est une occasion de conscientiser la population à ce phénomène. Encore aujourd’hui, les femmes sont victimes de violence parce qu’elles sont femmes. Au Canada, une femme est tuée par son conjoint ou ex-conjoint tous les 6 jours. De plus, les femmes sont 11 fois plus nombreuses que les hommes à être victimes d’une agression sexuelle.

« La violence sexiste existe et elle est souvent banalisée. Les agressions sont minimisées et les paroles de victimes remises en question. Mais la vague de dénonciation actuelle montre qu’il s’agit d’un problème collectif qui demande une réponse sociale et politique », a mentionné Maïra Martin, directrice générale d’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF).

Ces histoires médiatisées ont ouvert un débat dans la société canadienne qui commence à prendre conscience de l’ampleur de la violence envers les femmes. Grâce aux mouvements #AgressionNonDénoncée et #MoiAussi, les survivantes d’agression sexuelle brisent de plus en plus le silence et dénoncent l’agression subie.

Ces deux mouvements se sont produits en réponse au système judiciaire qui ne répond pas adéqua­te­ment aux besoins des victimes. Le débat sur les agressions sexuelles ayant eu lieu sur les médias sociaux et dans les médias tradi­tion­nels a mené au projet de loi C-337 visant à instaurer une formation obligatoire en matière d’agression sexuelle pour les futurs juges.

« C’est une belle avancée. Nous attendons avec impatience l’adoption de ce projet de loi afin de rendre le système judiciaire mieux adapté pour traiter des cas d’agressions sexuelles. La formation permettra aux juges d’avoir une meilleure compréhension de l’impact des agressions sexuelles sur les victimes. C’est un élément clé pour éviter la revictimisation des femmes pendant le processus criminel », a conclu Mme Martin.

Rappelons que les 16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes commencent le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et se terminent le 10 décembre, Journée internationale des droits de la personne. Ils comprennent aussi le 6 décembre, Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes.

Format PDF: 16jours-Communiqué

Les victimes ont également des droits qu’il faut respecter

OTTAWA – LE 1er NOVEMBRE 2017 – Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF) a envoyé une lettre à la juge en chef de la Cour suprême du Canada, Beverly McLachlin, à la suite de ses propos sur les agressions sexuelles où elle a notamment affirmé que les plaignantes « doivent avoir des attentes plus réalistes par rapport à un système de justice qui doit protéger des fausses condamnations ».

Un communiqué de presse a été envoyé à ce sujet.

Le projet de loi C-337

Le projet de loi C-337, Loi modifiant la Loi sur les juges et le Code criminel (agression sexuelle), obligerait tout candidat à la magistrature à suivre un cours de perfectionnement complet en matière d’agression sexuelle.

Nous avons préparé des Notes d’enjeux sur ce sujet.

Mémoire: Projet de loi 148

Le 20 juillet 2017, Action ontarienne contre la violence faite aux femmes a soumis un mémoire sur le Projet de loi 148 au Comité permanent des finances et des affaires économiques, comité du gouvernement de l’Ontario.

#MoiAussi : Les répercussions sur le terrain

Ottawa – Le 27 octobre 2017 – On assiste depuis près de deux semaines à une vague de dévoilements sur les médias sociaux grâce à la campagne #MoiAussi. Comme dans le cas du mouvement #AgressionNonDénoncée lancé à la suite de l’affaire Ghomeshi en 2014, le mouvement #MoiAussi permet aux survivantes d’agression sexuelle de briser le silence et leur donne la possibilité de dénoncer l’agression subie.

« #MoiAussi permet aux survivantes d’agression sexuelle de comprendre qu’elles ne sont pas seules et que des femmes de leur entourage ont aussi été agressées. Ça leur donne le courage de parler à leur tour. #MoiAussi permet également à la société de prendre enfin la mesure du nombre très important d’agressions sexuelles et de réaliser qu’il est temps de changer les choses », a indiqué Maïra Martin, directrice générale d’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF).

Alors que le nombre de femmes qui font des dévoilements sur les réseaux sociaux augmente de jour en jour, le nombre de celles qui cherchent du soutien et de l’aide auprès d’organismes communautaires est plus élevé aussi. En effet, certains Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) ont connu un accroissement de demandes pour des services et peinent à y répondre.

Comme l’a fait le gouvernement du Québec, il est donc essentiel que le gouvernement de l’Ontario augmente le financement accordé aux organismes venant en aide aux survivantes d’agressions à caractère sexuel.

« Les organismes en Ontario ont un besoin réel de plus de financement non seulement pour répondre à la demande croissante de la part des survivantes, mais également pour pouvoir répondre aux demandes de leur communauté, qui a besoin de parler et d’être plus sensibilisée sur cette problématique », a conclu Mme Martin.

Format PDF: #MoiAussi-Communiqué

Une subvention pour un projet sur la traite des personnes

Ottawa, le 28 septembre 2017 – Le Ministère des Services sociaux et communautaires de l’Ontario a octroyé 326 774$ $ à Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF) afin de réaliser un projet pour lutter contre la traite des personnes. Le projet s’échelonnera sur trois ans.

AOcVF est depuis près de 30 ans le chef de file francophone de l’Ontario dans la lutte contre la violence et les oppressions envers les femmes. Or, le Plan national de lutte contre la traite des personnes indique que les femmes et les filles sont plus vulnérables à la traite des personnes et particulièrement à l’exploitation sexuelle.

« Ce projet permettra de s’assurer que les communautés francophones minoritaires de l’Ontario, dont plus de 610 000 personnes font partie, seront sensibilisées et outillées pour lutter contre la traite des personnes et pour répondre aux besoins des filles et des femmes francophones victimes ou à risque de traite sexuelle » a déclaré Sonia Pouliot, directrice générale par intérim d’AOcVF.

« Il répondra également à un besoin crucial de formation des intervenantes et des professionnelles auprès des femmes et des jeunes filles. Grâce aux formations que nous offrirons, les intervenantes auront des connaissances détaillées de la problématique de la traite des personnes et de ses impacts leur permettant de reconnaître les signes avertisseurs et d’intervenir de façon appropriée auprès des victimes », a-t-elle poursuivi.

Créée en 1988, AOcVF est un regroupement provincial féministe et francophone de maisons d’hébergement, de centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel et de programmes en violence faite aux femmes, qui offrent des services en français aux femmes francophones aux prises avec la violence. Nous travaillons en français pour la communauté d’expression française en Ontario dans le but d’éliminer la violence faite aux femmes et d’atteindre l’égalité des droits grâce à la concertation, l’analyse d’enjeux, la formation et la sensibilisation.

Format PDF: communiqué_traite des personnes

Lettre ouverte: Nous sommes contre la minimisation de la violence faite aux femmes

 

Le 19 septembre 2017, à Ottawa

Lettre ouverte à la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO)

Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF) a été déçue de constater que la Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa a renommé la marche « La rue, la nuit, les femmes sans peur », connue en anglais sous le nom Take Back the Night, par « La rue, la nuit, sans peur pour tous ».

En tant que regroupement d’organismes ontariens féministes et francophones qui travaillent à défaire l’oppression vécue par les femmes, nous nous inquiétons du manque de compréhension quant à la signification de cet événement qui existe depuis 39 ans.

En effet, la marche « La rue, la nuit, les femmes sans peur » a été mise sur pied par des militantes dans le but de dénoncer la violence faite spécifiquement aux femmes (que ce soient des femmes hétérosexuelles, lesbiennes, cisgenres, transgenres, transsexuelles, intersexuées ou queer). Nous ne nions pas l’existence de la violence envers les hommes, mais la réalité que vivent les femmes est différente.

Dans la société patriarcale dans laquelle nous vivons, la culture du viol est omniprésente. Les femmes sont onze fois plus nombreuses que les hommes à être victimes d’une agression sexuelle.[i] On estime qu’environ une Canadienne sur trois subira une agression sexuelle à l’âge adulte.[ii] De plus, toujours au Canada, tous les six jours, une femme est tuée par son partenaire ou ex-partenaire.[iii]

La marche « La rue, la nuit, les femmes sans peur » vise à dénoncer toutes ces formes de violence faite aux femmes et revendiquer leur droit d’être en sécurité et de se sentir libre dans les espaces publics qui sont souvent synonymes de peur. Depuis notre enfance, on nous apprend qu’il faut craindre la rue et que si quelque chose nous arrive, c’est de notre faute. Au lieu de responsabiliser l’agresseur, on culpabilise la victime.

Votre choix de masculiniser le titre de la marche minimise la violence faite aux femmes. En voulant faire une marche plus « inclusive », vous excluez les femmes. En indiquant tout le monde, vous passez le message que les enjeux de l’agression sexuelle faite aux femmes sont les mêmes que ceux de l’agression sexuelle faite aux hommes.

Nous espérons que la FÉUO renommera la marche à sa juste valeur « La rue, la nuit, les femmes sans peur».

Sonia Pouliot, directrice générale par intérim d’action ontarienne contre la violence faite aux femmes

 

[i] Statistique Canada. Mesure de la violence faite aux femmes : Tendances statistiques 2006, Ottawa, Ontario, ministre de l’Industrie, 2006, p. 30.

[ii] Statistique Canada Mesure de la violence faite aux femmes : Tendances statistiques, Ottawa, Ontario, ministre de l’Industrie, 2013, p. 8.

[iii] Sara Beattie et Adam Cotter, « L’homicide au Canada, 2009 », Juristat, Volume 30, no 3, Statistique Canada, pages 15-16.

Les Echos de l’AOcVF: Rencontre de formation provinciale des intervenantes

Voici Les Échos de l’AOcVF, édition spéciale sur la rencontre de formation provinciale des intervenantes tenue à Toronto les 13, 14 et 15 juin 2017, organisée par l’Institut de formation en matière de violence faite aux femmes.

Echos Juin2017 – Rencontre provinciale des intervevantes

#8mars2017

OTTAWA, le 7 mars 2017 – Demain aura lieu la Journée internationale pour les droits des femmes 2017. Dans une année chargée en actualité, c’est l’occasion de faire le point.

L’année 2016 a vu la naissance du hashtag #Onvouscroit. Ce hashtag a été pour beaucoup de femmes l’occasion de mettre en lumière une problématique bien trop réelle : ne pas être crues lorsqu’elles dévoilent une agression sexuelle. Beaucoup attendent plusieurs années avant de dévoiler une agression sexuelle, par honte, par peur, par sentiment de culpabilité, mais aussi par peur de ne pas être crues et d’être jugées.

« Les organismes travaillant avec les survivantes le répètent depuis des années, sans que le message soit entendu. Une femme a plus de chance de ne pas être crue que de l’être. Le mythe de la « victime parfaite » est extrêmement répandu et les effets du traumatisme très mal compris » a déclaré Maïra Martin, directrice générale d’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF).

En effet, des mythes tels que « pourquoi n’avez-vous pas serré les genoux » régissent encore notre système de justice.

Encore récemment, un article dénonçait les taux nationaux aberrants de plaintes pour agressions sexuelles jugées non fondées, et montrait que les mythes jouent un grand rôle dans la prise en charge de la plainte. La réponse politique ? Des révisions internes par la police. Les organismes pour femmes demandent de trouver des solutions plus adaptées à l’ampleur de la problématique et d’améliorer en profondeur le système de justice.

« Il manque la volonté politique et sociale d’aller plus loin. Si les femmes sont « égales » sur papier, la Journée internationale pour les droits des femmes nous rappelle qu’ils ne valent pas grand-chose s’ils ne sont pas appliqués » a déclaré Julie Béchard, présidente d’AOcVF.

Le 8 mars 2017, c’est l’occasion de se souvenir que toutes les avancées pour le droit des femmes se sont faites par la pression politique, le militantisme et l’action.