Plaintes non fondées : failles et réalité

OTTAWA, le 9 février 2017 – Après des mois d’enquête, le Globe and Mail découvre qu’en moyenne, une plainte pour agression sexuelle sur 5 est déclarée « non fondée », une classification qui signifie que la police considère qu’aucun crime n’a eu lieu.

Un taux de 19,39%, c’est presque le double du taux de plaintes « non fondées » pour les agressions physiques (10,84%) et beaucoup plus élevé que tous les autres crimes. Plus troublant encore, ce pourcentage change drastiquement d’une ville, ou d’une province à l’autre : 2% à Winnipeg, 7% à Toronto, mais 36% à Yellowknife et 51% à Saint John (NB).

Ici à Ottawa, le taux est de 28 %.

Étonnant ? Pas vraiment. Voici pourquoi.

Le Globe and Mail a trouvé que, statistiquement, les femmes ont plus de risques de voir leur plainte classée comme « non fondée » si elles ne correspondent pas à un certain type de victime. C’est le mythe de la « victime parfaite » : notamment, la victime parait bouleversée, elle a des blessures physiques, elle n’a pas problème de santé mentale, l’agresseur est un inconnu, et l’alcool n’entre pas en jeu.

Cette « victime parfaite » coche toutes les cases de ce qu’une femme devrait faire pour se protéger d’une agression, pour se défendre lors d’une agression, et pour dénoncer l’agression après qu’elle ait eu lieu. Pourtant, dans la vraie vie, la victime n’est jamais « parfaite ».

Ce taux de plaintes non fondées renforce le mythe persistant que « les femmes mentent sur le fait de s’être fait violée». Pourtant, si on examine la problématique en profondeur, ce taux de plaintes non fondées met avant tout en lumière de nombreuses failles du processus de plainte, les mythes qui régissent encore la crédibilité de la plaignante, et le manque d’éducation et de sensibilisation.

Ces pourcentages élevés et ces disparités massives révèlent des tendances sous-jacentes qui découragent les femmes d’aller voir la police – sachant que l’immense majorité des agressions sexuelles ne sont jamais déclarées à la police. De plus, considérant que les plaintes non fondées n’entrent pas dans les statistiques officielles, elles ne sont pas reflétées ni dans les taux d’agressions sexuelles déclarées ni dans les taux d’arrestations et de condamnations.

Cette situation nécessite beaucoup de travail de sensibilisation, et, en tant qu’organisme qui travaille dans le domaine de la violence faite aux femmes, nous recommandons particulièrement :

  • Que les agentes et agents de police reçoivent de la formation formelle ainsi que de la formation continue afin d’adapter leurs techniques d’entrevue pour prendre en compte spécifiquement les cas d’agression à caractère sexuel et de briser les mythes;
  • Que les agentes et agents de police reçoivent de la formation continue en ce qui a trait aux meilleures pratiques à entreprendre lorsqu’on intervient auprès des victimes d’agression à caractère sexuel afin d’éviter la revictimisation des femmes;
  • Qu’un comité de travail regroupant des intervenantes en violence faite aux femmes et des agents ou agentes de police soit implanté afin de formuler des recommandations pour améliorer la réponse des forces policières dans les cas de plaintes pour agressions à caractère sexuel;
  • Qu’un comité composé d’agents ou agentes de police et d’organismes communautaires soit mis en place pour revoir et évaluer les cas jugés non fondés;
  • Qu’un protocole soit élaboré en partenariat avec tous les secteurs (professionnels de la santé et de la justice, corps policier, organismes communautaires travaillant en violence faite aux femmes), pour uniformiser la réponse dans les cas de dénonciation d’agression à caractère sexuel.

Format PDF: Communiqué – Plaintes non fondées.

Tous les 6 jours.

 

OTTAWA, le 5 décembre 2016 – Demain aura lieu la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, qui souligne l’anniversaire tragique du meurtre en 1989 de 14 étudiantes de Polytechnique à Montréal. Elles avaient été tuées parce qu’elles étaient des femmes, par un homme qui méprisait les femmes.

« Ces 14 femmes sont devenues le symbole de la violence faite aux femmes au Canada. Elles sont le visage de toutes ces femmes anonymes tuées par la violence sexiste. La violence faite aux femmes est un problème de société qui demande une réponse et une prise de conscience collectives  », a affirmé Julie Béchard, présidente d’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF).

Partout dans le monde, des femmes subissent de la violence parce qu’elles sont femmes. Au Canada, une femme meurt par la main de son conjoint tous les 6 jours, et elles représentent 95% des décès dans les cas d’homicides par conjoints[1].

« Vingt-sept ans plus tard, les femmes meurent encore aux mains des hommes. Cette commémoration ne s’arrête pas à la fin de la vigile. Tous les jours, tous les ans, les Canadiennes et les Canadiens sont appelés à agir parce que la discrimination, la misogynie et la violence faite aux femmes continuent de créer un climat de peur qui empêche de nombreuses femmes et filles de réaliser leur plein potentiel », a affirmé Maïra Martin, directrice générale d’AOcVF.

La violence sexiste est bien réelle, mais est aussi banalisée. La violence conjugale, le harcèlement sexuel au travail, les blagues sexistes ou même les agressions sexuelles sont minimisés, tournés en dérision, quand on ne blâme pas la victime directement. C’est pourquoi les campagnes d’informations et de sensibilisation telles que Traçons-les-limites ou Voisin-es, ami-es et familles sont cruciales pour changer les mentalités.

Il est temps d’éliminer cette violence ainsi que le sexisme qui l’accompagne.

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[1] Direction générale de la condition féminine de l’Ontario, http://www.women.gov.on.ca/owd/french/ending-violence/domestic_violence.shtml

Les 16 jours d’activisme contre la violence faite aux femme

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Les 16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes commencent le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et se terminent le 10 décembre, Journée internationale des droits de la personne.

Ils comprennent aussi le 6 décembre, Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes.

Pourquoi c’est important?

Partout dans le monde, les femmes sont encore victimes de violence parce qu’elles sont femmes. Au Canada, une femme meurt tous les 6 jours aux mains de son compagnon. Comparativement aux hommes, les femmes courent 11 fois plus de risques d’être victimes de violence sexuelle. Ce sont des chiffres qui en disent long.

La violence sexiste existe. Malheureusement, elle est aussi banalisée. Le harcèlement sexuel au travail, les blagues sexistes ou même les agressions sexuelles sont minimisés, tournés en dérision, quand on ne blâme pas la victime directement.

Les 16 jours d’activisme sont l’occasion de conscientiser la population au phénomène de la violence envers les femmes dans notre société.

Le sexisme ordinaire et la misogynie trouvent leur source dans notre société et sont des facteurs de violence. La violence faite aux femmes n’est pas un problème individuel, d’une femme violentée. C’est un problème collectif qui demande une réponse sociale et politique.

Quels sont les enjeux?

Les chiffres de la violence



Appel d’offres pour nouvelle stratégie

Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF) est à la recherche d’un.e ou de consultant.es pour revoir la stratégie et les messages de la campagne provinciale francophone de ensibilisation à la violence conjugale Voisin-es, ami-es et famille (VAF).

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Mémoire: Violence envers les jeunes femmes et les filles

Le 23 septembre 2016, Action ontarienne contre la violence faite aux femmes a soumis un mémoire intitulé Violence envers les jeunes femmes et les filles au Comité permanent de la Condition féminine, comité de la Chambre des communes du Canada.

La rue, la nuit, femmes sans peur!

Ottawa, le 22 septembre 2016  – À l’occasion de la marche « La rue, la nuit, femmes sans peur » tenue ce soir dans les rues d’Ottawa, AOcVF souligne l’importance de lutter contre la violence faite aux femmes et aux filles.

Cette marche est une invitation à se réapproprier l’espace public la nuit, afin de protester contre la violence, la peur, le sexisme et l’exploitation sexuelle dont les femmes sont trop souvent victimes.

La violence faite aux femmes et aux filles prend quotidiennement différentes formes, et est souvent minimisée ou passée sous silence. Pourtant, les agressions sexuelles, le harcèlement de rue, l’exploitation sexuelle, la violence conjugale, le sexisme ordinaire, ou encore le fémicide sont une réalité partout au Canada.

Chacun et chacune à un rôle à jouer pour mettre fin à la violence faite aux femmes, par exemple en intervenant lorsqu’on est témoin de harcèlement de rue, ou en croyant et soutenant une survivante. Nous invitons les personnes souhaitant se sensibiliser à consulter des campagnes telles que Traçons les limites, Ça commence avec toi, ou encore Voisin-es, Ami-es, Familles.

Au Canada, une femme sur trois subira une agression sexuelle à l’âge adulte. Pourtant, l’immense majorité des agressions sexuelles ne sont pas déclarées à la police, et on estime que 0,3 % des agresseurs sont tenus responsables (Chiffres provenant de la Direction générale de la condition féminine de l’Ontario).

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Lettre ouverte: Nous attendons plus que d’être « sous-entendus »

Le 14 septembre 2016
À Ottawa

Lettre ouverte à l’honorable Kathleen O. Wynne, première ministre de l’Ontario

Nous attendons plus que d’être « sous-entendus »

Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF) a été déçue de constater que les 611 500 Franco-ontariens et Franco-ontariennes aient été oubliés par le gouvernement provincial dans le discours du trône présenté lundi.

En tant qu’organisme ontarien francophone, nous nous inquiétons de ce manque de reconnaissance de la part du gouvernement. Le discours n’est malheureusement qu’un exemple supplémentaire venant s’ajouter à ce que nous voyons au quotidien et que nous analysons comme un désengagement progressif envers les services en français « par et pour ».

À plusieurs reprises au cours des dernières années, différents ministères avec lesquels nous travaillons ont fait le choix de confier le mandat d’offrir et de développer des services en français à des organismes anglophones ou dits bilingues, au lieu de financer plus adéquatement les organismes francophones offrant déjà ces services dans la communauté. Malheureusement, nous avons par la suite constaté que de nombreux organismes anglophones recevant du financement dans le cadre de ces différents programmes ne sont pas en mesure d’offrir des services en français de qualité.

Beaucoup reste à faire pour rappeler au gouvernement que la communauté francophone ne doit pas être oubliée ou « sous-entendue ». Nous ne sommes pas une nuisance : nous participons pleinement à la vitalité de l’Ontario et nous méritons d’être reconnus.

Dans ces deux derniers rapports, le commissaire aux services en français de l’Ontario a remis en cause l’efficacité de la Loi sur les services en français et plaide pour une refonte complète de celle-ci. L’ouverture de ce dialogue permettra, on l’espère, de rappeler l’importance des Franco-ontariens et Franco-ontariennes et de protéger leurs droits, notamment celui d’avoir accès à des services en français de qualité.

Nous attendons avec intérêt les annonces que la ministre déléguée aux affaires francophones devrait faire dans les prochaines semaines et nous espérons qu’elles viendront compenser le discours du trône.

Maïra Martin,
Directrice générale d’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes.

 

Les Echos de l’AOcVF : Conférence mondiale des maisons d’hébergement

Voici Les Échos de l’AOcVF, édition spéciale sur la 3e Conférence mondiale des maisons d’hébergement.

Echos Mai 2016 – Conférence Mondiale Maison Hébergement

Semaine de sensibilisation au harcèlement sexuel: visuels

Visuels pour réseaux sociaux à l’occasion de la Semaine de sensibilisation au harcèlement sexuel !<

Écrivez un courriel à communication@aocvf.ca pour toutes questions.

 

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Mois de la prévention de l’agression sexuelle : visuels

Voici des visuels à partager sur vos réseaux sociaux, pour le mois de mai, le mois de la prévention de l’agression sexuelle.

 

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